Critique 968 - Futuriste (Le)

Publié le par Philippe Grenier

Scénariste : Olivier Cotte
Dessinateur : Jules Stromboni
Coloriste : Jules Stromboni
Éditeur : Casterman

Taille : Grand format
Dépôt Légal : 01/2008
ISBN-10 : 2-203-37017-3
ISBN-13 : 978-2-203-37017-3
Nb Pages : 56
Prix de détail : 27.95$ (14.00€)

Genre : Roman graphique



Présentation de l'éditeur
1912. L'italien Luciano Salvatori, un artiste peintre installé à Paris, s'efforce difficilement de vivre de sa peinture, qui s'inscrit dans le mouvement en plein essor des futuristes. Il côtoie Picasso, Appollinaire, mais, comme la plupart des créateurs d'alors, vit un quotidien de grande misère matérielle. Jusqu'à ce qu'il fasse la connaissance d'un étrange mécène, qui, en échange d'une rétribution généreuse, lui passe une très curieuse commande : imaginer et peindre des machines de destruction, laisser son inspiration s'exprimer en roue libre pour représenter la guerre de demain. Parce que la guerre est l'hygiène du monde, et la mort une condition du futur. Mais qui peut bien être au juste son mystérieux commanditaire ? N'y a-t-il pas une dimension presque faustienne dans l'acte créateur qui lui est proposé ? Et peut-on imaginer, finalement, que la fonction de l'art soit aussi de tuer ?

Avant que n'éclate la Première Grande Guerre, les conditions de vie de tous et chacun à Paris dépendaient bien certainement du statut social de l'être en question, avec des différences très marquées entre le haut et le bas de l'échelle sociale. Pour un artiste de cette époque, tout comme aujourd'hui, tout revenait à être reconnu pour son talent, ce qui permettait successivement de vendre ses oeuvres, d'obtenir des commandes spéciales, et peut-être réussir à se faire inviter dans les salons les plus en vue. Voilà donc un aperçu de la société dans laquelle l'artiste peintre italien Luciano Salvatori devait évoluer, en débutant par la première malheureuse marche de l'échelle... frown

Loin d'avoir la vision et le charisme de Picasso, Luciano Salvatori possède néanmoins un talent plutôt particulier. De fait, il sait imaginer les pires scènes apocalyptiques découlant des affres d'extraordinaires machines de guerre, toutes aussi imaginatives que terrifiantes. Ce "talent" ne manquera pas d'intéresser un curieux mécène, pour qui les oeuvres de l'artiste pourvoient une étrange satisfaction. Relaté avec brio par le dessin expressif de Jules Stromboni, et ce, à partir d'un scénario original d'Olivier Cotte, le récit de ce modeste artiste italien, au caractère aussi lourd que son imagination, transporte le lecteur, en un rien de temps, près de 100 ans dans le passé afin de le rendre témoin de la curieuse ascension de l'artiste. shock

Enfin, le moins que l'on puisse dire à propos de ce One-Shot publié aux éditions Casterman est certainement qu'il s'avère être tout sauf prévisible. De fait, l'évolution du personnage de cette histoire comprend quelques rebondissements et de brusques changements de cap, si bien que le lecteur ressentira à autant de reprises de petites surprises à la lecture de ce tome. Même s'il pourrait ne susciter qu'une certaine ambivalence dans l'esprit du lecteur, il est clair que ce tome, visant un lectorat mature, ne laissera pas le lecteur indifférent. wink

ok ok ok /5

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