Critique 627 - Marzi T.3 Resystor

Publié le par Philippe Grenier

Scénariste : Marzena Sowa
Dessinateur : Sylvain Savoia
Coloriste : Sylvain Savoia
Editeur : Dupuis
Collection : Expresso

Taille : Format normal
Dépot Légal : 04/2007
ISBN-10 : 2-8001-3920-X
ISBN-13 : 978-2-8001-3920-3
Nb Pages : 48
Prix de détail : 16.95$ (9.80€)

Genre : Chroniques biographiques



Synopsis du site de Dupuis
Des rationnements d'essence aux commérages du village de Skowierzyn, Marzi, la petite polonaise, continue à avoir les yeux grand ouverts sur le monde. Le général Jaruzelski a décrété l'état d'urgence. Tchernobyl a déjà explosé. Mais la situation politique n'est que l'arrière-plan de la vie d'une petite fille née de l'autre côté du Mur, qui s'enthousiasme de l'arrivée d'un petit chien, qui va aux matchs de foot arbitrés par son père, et qui voudrait tant que son papa passe plus de temps avec elle...

"Marzi", c'est un mélange doux-amer entre l'insouciance de l'enfance et la menace diffuse du contexte social. Le titre de cet album est Rezystor, un mot polonais qui désigne une petite pièce électrique : une résistance. C'était le signe de reconnaissance des ouvriers qui militaient clandestinement contre le gouvernement, et qu'ils gardaient au fond de leur poche. Mais cette "résistance" définit bien Marzi, que ce soit chez elle, avec ses copines ou face au monde...


On dit aujourd'hui Trzeci Rzeczpospolita Polska, mais voilà quelques années, alors que le mur de Berlin était encore debout et que l'aigle royal polonais n'avait toujours pas retrouvé sa couronne, c'était encore sous le nom de Rzeczpospolita Ludowa Polska que les polonais référaient à leur pays. Alors sous contrôle soviétique, les habitants se devaient d'être égaux, tous autant les uns que les autres, et vivaient, tant bien que mal en manquant fréquemment de tout, au service des Russes dans un système oppressant qui favorisait fortement la délation. Issue d'une famille moins bien nantie que les autres, ou plutôt, moins égale que les autres, la scénariste Marzena Sowa (prononcez Majèna Sova) raconte sa jeunesse à travers la petite Marzi (prononcez Maji), laquelle décrit naïvement ses observations concernant la vie de tous les jours, ses échanges avec ses amies, ainsi que l'amour inconditionnel qu'elle ressent pour son père. love

Illustrée dans un genre qui pourrait faussement laisser croire qu'il s'agit d'une bande dessinée pour enfants, ce troisième tome de la série bénéficie du même traitement graphique que les deux précédents, soit une présentation des planches sous forme de six cases légèrement rectangulaires dans lesquelles les phylactères laissent souvent leur place à une narration des événements par la jeune protagoniste. Mise en couleurs par l'artiste Sylvain Savoia de façon à véhiculer les ambiances de la même façon que son dessin, cette bande dessinée relate, à travers une dizaine d'histoires de quelques planches, des moments familiaux très touchants, ainsi que quelques notions à propos de l'histoire du pays et de la montée en popularité du Solidarność (qui se dit Solidarnochtch), le tout vu par les yeux de la jeune fillette. wink

En bref, voilà une série qui, à prime abord, ne paie pas de mine, mais qui dans le fond est tout a fait excellente! Les amateurs de la série Le Combat ordinaire de Manu Larcenet retrouveront ici le même type de série prenante, mais présentée sous un nouvel angle. winkthumb2

ok ok ok ok /5

Liens vers les critiques de quelques autres albums de la collection Expresso:
arrow Colocataires (Les) T.2 Gueules de bois
arrow Comme tout le monde T.1 Tome 1
arrow Coeurs solitaires (Les)

Publié dans Critiques

Commenter cet article