Critique 450 - Hurlevent
Synopsis du site de Casterman
1842. Deux jeunes anglaises, Charlotte et Emily Brontë, arrivent à Bruxelles pour y prendre pension et y parfaire leur éducation en français. En contrepartie de leur hébergement, Charlotte devra donner quelques cours d'anglais, et Emily servir d'accompagnatrice à une jeune femme aveugle : Katherine Murmaul't, la soeur du peintre allemand Oskar Murmaul't. La première rencontre avec le frère et la soeur donne le ton de la relation qu'ils vont établir avec la rousse Emily : une ambiance de passion rentrée, trouble et sensuelle, inquiétante aussi, tant le moindre geste et la moindre parole semblent receler leur part de secrète folie...
Ce qui a de plus frappant dans cette oeuvre mettant en vedette une jeune Emily Brontë, est non pas le récit en lui-même, qui malgré quelques scènes provocantes présentées - et agrémentées d'une dramatisation concernant les sources d'inspiration de la jeune écrivaine pour l'écriture de son roman lyrique Les Hauts de Hurlevent - ne soulève pas tant d'émoi chez le lecteur, mais bel et bien le rendu graphique des planches de l'artiste. En effet, avec un résultat qui semble être un hybride entre le style de Greg Land et celui de Ben Templesmith, les dessins de Jérôme Deleers sont criants de réalisme, à un point tel que le lecteur viendra à se demander si ce sont des juxtapositions de photographies sur un décor dessiné, ou véritablement des illustrations originales réalisées par le dessinateur!
Justement, à ce sujet, les auteurs ont préféré offrir à leurs lecteurs une explication des étapes liées à la réalisation des planches en thématisant les pages de garde d'un éclaircissement de chacune des phases créatrices. En commençant donc par une comparaison entre la version crayonnée et la version finale de la planche 19 en début du tome, ils terminent sur le dévoilement de la technique de travail de l'auteur. En dépit des cases qui parfois ont un rendu un peu trop statique, l'impression d'ensemble de l'album demeure bien marquante, et ainsi, les pages de garde deviennent des invitations, voire même des incitations, à retourner observer plus attentivement le dessin des planches de ce tome.
En bref, cette première réalisation du jeune artiste de 23 ans vaut vraiment la peine d'être vue, sans oublier qu'elle offre un aperçu de l'indéniable potentiel de l'artiste!
/5
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