Critique 224 - Une aventure rocambolesque de... T.2 Vincent Van Gogh - La Ligne de front

Publié le par Philippe Grenier

Scénariste : Manu Larcenet
Dessinateur : Manu Larcenet
Coloriste : Patrice Larcenet
Éditeur : Dargaud
Collection : Poisson Pilote

Taille : Format normal
Dépôt Légal : 04/2004
ISBN : 2-205-05466-X
Nb Pages : 48
Prix de détail : 16.95$ (9.80€)

Genre : Drame; Humoristique



Synopsis du site de Dargaud
Tandis que les obus pleuvent sur le front, les gradés s'inquiètent à l'arrière : ils ont une guerre à gagner, et les soldats manquent d'entrain. (Comme disait Guéhenno : "La guerre, c'est la mort des autres".). Là-dessus, un général a une idée : il faut expédier sur les lieux un quidam capable de peindre "l'esprit de la guerre", afin de comprendre pourquoi le poilu renâcle. L'heureux élu, c'est Vincent Van Gogh, qui, alors occupé à "faire exploser son désarroi" dans les environs d'Arles, abandonne ses tournesols pour rejoindre le front et peindre ce qu'il voit. Mais à l'arrière, on est mécontent du travail : on ne sent pas la flamme patriotique dans l'oeil du poilu, il y a "trop de jaune" et Manet aurait fait mieux.

Après avoir baladé Freud au Far West, Larcenet plonge Van Gogh dans la boucherie de 14-18. Le résultat - un chef-d'oeuvre -, c'est l'enfer des tranchées vécu par un homme qui trimballe déjà son enfer personnel - Van Gogh est aussi désespéré par le "trop de jaune" que par l'absurdité du carnage. Basculant en virtuose de la drôlerie - les dialogues sont irrésistibles - à la noirceur absolue, Larcenet arrive à dire, avec une sensibilité graphique ahurissante, à quel point, décidément, la guerre n'est pas jolie. Et puis, sans doute porté par un formidable amour de la vie, il nous balance une fin poignante, dont la beauté arrive à sublimer le désastre. Les gradés sont de plus en plus mécontents, mais nous, on est (presque) heureux.


Deux ans avant la parution de l'aventure rocambolesque de Attila le Hun - Le Fléau de Dieu, Manu Larcenet avait réalisé la seconde de ces oeuvres à caractère loufoque, mais aussi empreintes des drames touchants de la vie. Ainsi, pour La Ligne de front, il choisit à nouveau de sortir un personnage historique de son contexte pour le mener au milieu des affrontements entre les français et les allemands lors de la Grande Guerre de 14-18.

Une mission est créée, dépeindre le front afin de permettre aux hauts gradés, se trouvant à l'abri des soucis de la survie, de mieux comprendre les raisons de la démotivation générale des troupes et ce qui les pousse à la désertion. Ainsi, le caporal Vincent Van Gogh, volontaire désigné pour cette mission, se retrouve dans une tranchée avec ses pinceaux et ces canevas de toile, accompagné du général Morancet pour le surveiller.

Cette histoire complète suit la belle tradition des albums signés Larcenet, avec un dessin qui donne l'impression d'être peu soigné au premier regard, mais qui, après une observation un peu plus approfondie, se révèle être un excellent moyen pour véhiculer la sensibilité des messages provocants et/ou touchants de l'auteur. C'est donc un très bon album qui plaira sans aucun doute aux amateurs des travaux de Manu Larcenet. thumbs

ok ok ok ½ /5

Lien vers les critiques des autres albums de l'auteur:
arrow Combat ordinaire (Le) T.2 Les Quantités négligeables
arrow Combat ordinaire (Le) T.3 Ce qui est précieux
arrow Légende de Robin des Bois (La)
arrow Retour à la terre (Le) T.1 La Vraie vie
arrow Une aventure rocambolesque de... T.3 Attila le Hun - Le Fléau de Dieu

Publié dans Critiques

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