Critique 478 - Tout doit disparaître

Publié le par Philippe Grenier

Scénariste : Simon Hureau
Dessinateur : Simon Hureau
Coloriste : Simon Hureau
Éditeur : Futuropolis

Taille : Format normal
Dépôt Légal : 11/2006
ISBN-10 : 2-75480-082-4
ISBN-13 : 978-2-75480-082-2
Nb Pages : 208
Prix de détail : 39.50$ (23.00€)

Genre : Chroniques; Drame urbain



Synopsis du site de Futuropolis
Nous sommes dans un bourg quelconque en Basse Normandie, au bord de la nationale 13. Depuis que la gare désaffectée a été transformée en salle de cinéma, les petits commerces du centre ferment les uns après les autres. Tout le monde va dans les centres commerciaux à la périphérie. Il n'y a plus grand chose d'ouvert. Sur les rideaux de fer baissés pendouillent des pancartes « À vendre ». D'autres boutiquers annoncent « Liquidation totale avant fermeture » ou « Dernière démarque avant fermeture ». Dans les rues désertes, il n'y a plus que les mouettes... Comme elles ne risquent pas d'être dérangées, elles se sont installées en conquérantes. Portrait au vitriol d'une petite ville de province en déclin, Tout doit disparaître est un récit incisif et résolument noir.

Avec pour scène de fond une petite ville de la Basse Normandie ayant déjà sérieusement amorcé son glissement vers l'insignifiance, l'auteur Simon Hureau relate l'histoire de cinq jeunes gens, aux passés et aux origines bien différents, qui se rencontrent en début d'automne et qui vivront, au cours des mois suivants, des expériences de vie des plus marquantes. Ainsi, suite à une succession d'événements imprévus, et mués par un ennui commun lié à la tristesse générale de la ville où ils habitent, le groupe hétéroclite amorcera une descente aux enfers lors de laquelle les démons qui sommeillent en chacun d'entre eux feront surface et contribueront grandement à la dégringolade accélérée de la situation. frown

Dès le premier aperçu de ce tome fort généreux en nombre de planches, le lecteur ne peut que se sentir attiré par le rendu graphique de l'album, puis intrigué par la trichromie en guise choix pour la mise en couleur. En effet, plutôt que d'offrir un produit final en simple noir et blanc, Simon Hureau évite ce type de présentation au résultat parfois un peu fade, en rehaussant ses planches d'une coloration de diverses teintes de bordeau. Ce choix judicieux et invitant donne ainsi un charme en contraste parfait avec l'aspect plutôt noir du récit. Ce dernier, dur, frappant, émouvant, et surtout, surprenant, ne manquera pas de captiver le lecteur qui, malgré le grand nombre de pages de ce One-Shot, préférera terminer sa lecture, une fois amorcée, plutôt que de prendre une pause en plein milieu du récit. wink

En bref, voici une excellente occasion, pour ceux n'ayant toujours pas eu l'occasion de découvrir le travail du jeune auteur français, de faire connaissance avec son style original dans ce qui s'avère être déjà sa deuxième parution de l'année 2006, alors qu'il présenta en début d'année le titre L'Empire des hauts murs aux éditions Delcourt. smile

ok ok ok ok /5

Liens vers les critiques de quelques autres One-Shots parus récemment chez Futuropolis:
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Publié dans Critiques

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